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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 11:40
retour de Marie, étudiante en médecine

La jeune Marie nous a adressé son "rendu" pour le Centre Laennec, faisant état de son expérience à nos côtés au cours de cette année.

Elle a procédé sous forme de lettre adressée à un ami.

 

"Salut Jules,

Je t’écris cette lettre pour te parler des "Camions Ecole".

Tu sais c’est l’association où je me rends une fois par semaine dans le cadre du projet d’action social du centre Laennec.

En quelque sorte, c’est une antenne scolaire mobile qui permet d’enseigner les rudiments du français et des mathématiques à des enfants non-scolarisés.

J’ai pu y voir des enfants issus de milieux sociaux très différents du notre.

Je peux te parler par exemple du Parc Jugan à proximité de la Part-Dieu.  C’est un endroit où je suis souvent allé durant le premier semestre.

Dans ce parc vivaient des familles d’origines Albanaises. Plusieurs générations se côtoyaient, du nourrisson à la personne âgée.

Je rejoignais Yves et son camion, garés à côté du parc, aux alentours de 9h45.

On allait ensuite chercher les enfants, ils étaient sur place, c’était leur endroit de vie.

Ensuite c’était l’étape de l’appel, on notait les enfants présents.

Pour les nouveaux arrivants, on demandait les papiers pour vérifier date de naissance et nom.

Après la partie administrative venait le temps de l’apprentissage.

En travail collectif nous avons beaucoup travaillé avec le livre « Là ou vont nos pères ».

Je te mets un extrait de ce livre, il n’y a aucun texte, que des images. Les enfants comprennent alors facilement l’histoire et peuvent tenter de la raconter en Français et donc apprendre un maximum de vocabulaire.

Autour de ce travail collectif s’ajoutait différents travaux, exercices individuels, sur le même thème.

C’est à ce niveau-là que j’intervenais le plus.

En effet, même si le camion d’Yves accueille surtout les grands, c’est-à-dire collège/lycée, on retrouve une grande différence de niveaux entre les élèves.

Certains sont allés à l’école en Albanie, d’autres moins, certains ont déjà appris d’autres langues étrangères, d’autres non.

Il est donc très important de s’occuper individuellement des enfants, pour qu’ils puissent profiter au maximum de ces quelques heures de cours.

Ces moments de partages m’ont appris beaucoup de choses. J’ai pu accompagner des enfants très différents les uns des autres, mais tous avaient envie d’apprendre et d’avancer. C’était une belle leçon de vie. Ces enfants dormaient à même le sol, avaient complétement changé de vie, mais ils étaient là, et participaient avec le sourire aux lèvres. 

Ma plus grande difficulté fut la barrière de langue, en effet certains enfants ne parlaient pas du tout le français, étant donné que c’est la seule langue que je maitrise on devait communiquer par des moyens universels, le dessin, les gestes…

Je viens de te parler de mon expérience au parc Jugan, mais je suis aussi allée, entre autres, au parc du sacré cœur (photo), au parc Nelson Mandela et au bidonville de Croix Luizet.

Au niveau du parc du sacré cœur (Lyon 3), j’étais le plus souvent dans le camion d’Odile.

Le camion d’Odile accueille les plus jeunes enfants.

L’apprentissage se fait alors plus à travers des jeux, des coloriages, des lectures. Ce sont de très bons moments, je me souviens du regard pétillant d’un enfant lorsque j’ai sorti les dominos.

Je me suis aussi rendue deux fois au bidonville de Croix Luizet où vivaient des familles venant de Roumanie.

C’est une expérience qui m’a marquée, par le contraste entre les conditions de vie déplorables et l’espoir, la confiance de ces enfants. Ils ont été très accueillants, très avenants.

Lorsque j’y suis retournée pour la seconde fois, une petite m’a reconnue, m’a fait un grand sourire et s’est jetée dans mes bras. Ces enfants font chaud au cœur, ils sont spontanés, reconnaissants, et très chaleureux.

Tu vois donc à travers ces quelques souvenirs que c’est une expérience vraiment très enrichissante. Cela m’a permis de me rendre compte de certaines réalités que l’on se masque dans la vie quotidienne. Mais j’ai aussi compris qu’il était  possible d’agir pour ces personnes qui ont un réel besoin, comme le font Yves et Odile.

N’hésite pas si tu as d’autres questions, je te conseille vivement cette expérience.

 

Marie

 

 

 

 

 

 

 

 

retour de Marie, étudiante en médecine

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commentaires

Aline 15/05/2017 09:21

C'est un bien joli témoignage !

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