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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 10:25

Sandrine Bascoul travaille à Aubervilliers et voit les familles rroms qui vivent dans des cabanes chaque jour.

 

Romenons nous dans les bois

le printemps s'est levé 

il s'est étiré, a regardé par la fenêtre

et il a soudain entendu : on criait

il s'est approché, a regardé de plus près

dans le pré, il y avait un bébé

il hurlait

tous ses petits membres gigotaient

une jeune femme est arrivée

tranquillement l'a soulevé,

s'est assise sur un vieille chaise décatie

a soulevé son pull, a sorti son sein rond et plein

et a glissé son mamelon prestement

dans la bouche du bébé

qui s'est arrêté de crier.

goulument, il buvait

on entendait « gloups, gloups »

tandis que sa maman lui souriait

à y regarder de plus près,

ce n'était pas un pré mais un carré de verdure

juste à côté d'où roulent les voitures

ça sentait le gaz oil, l'essence

à côté d'eux, il y avait une tente,

une tente igloo, comme celle de décathlon

pour faire du camping

ou encore celle avec laquelle on joue aux indiens

chez les grand-parents dans leur jardin

quand l'été s'est levé

il a regardé par la fenêtre

on criait

c'était le bébé qui avait encore faim

a y regarder de plus près

ce n'était plus vraiment un bébé

on aurait dit un petit enfant

et ce n'était pas encore une femme, sa maman,

une femme adulte comme on entend

mais une toute jeune fille

elle devait avoir quinze ans

elle lui donnait le sein

tandis que de l'autre main

elle fumait tranquillement
 

à côté d'eux, il y avait une cabane

une cabane en carton ou alors en bois

ou alors les deux

elle avait une porte

ça voulait dire qu'on pouvait entrer et sortir

et elle avait aussi un toit

c'était rigolo cette cabane en plein milieu des voitures

quand l'automne s'est levé

c'était un automne tout doux

comme un été indien

il a regardé par la fenêtre

on criait

des cris d'enfant :

il était assis dans l'herbe et

pendant qu'il appelait

il jouait,

jouait à tirer sur sa chaussette

trouée, tandis qu'un homme à côté

réparait une bicyclette toute cabossée.

la jeune fille sortit de la maisonnette

avec, au bec, une cigarette

nonchalamment souleva l'enfant de terre

s'assit sur un cageot muni d'un coussin

porta l'enfant à son sein

et ainsi le fit taire

tout en caressant son front blond

et en lui susurrant des mots doux

que l'automne ne comprit pas

quand l'enfant eut fini de téter

elle l'assit sur le petit camion

que l'homme d'à côté avait réparé

et ainsi le poussa , le tira

ils riaient ensemble

et encore le poussa, le tira

et ainsi le berça, le berça

puis il s'endormit

et elle le prit dans ses bras

a côté d'eux, il y avait une maisonnette

elle était rigolote, comme celle que construisent les enfants

dans les jardins ou les bois

c'était une cabane améliorée faite de cageots

de toile de tente, de plastic épais et de boite en carton

il y avait même des bicyclettes pour les enfants,

le guidon dans l'herbe et les pédales au vent

quand l'hiver s'est réveillé ,

il s'est étiré

(fichtre, tout ce bruit ! )

et il a regardé par la fenêtre

on criait

c'était l'enfant probablement

qui voulait son lait

il criait fort

et on entendait aussi des cris étouffés

il y avait maintenant de la fumée

qui sortait de la maisonnette

on aurait dit la maison des sept nains,

ou encore celle de la grand-mère du chaperon rouge

avec sa chevillette

mais tout de même il faisait froid

et on n'y voyait presque rien

il était trop tôt,

alors l'hiver s'est recouché.

quand l'hiver s'est levé de nouveau

il a regardé par la fenêtre

on criait

mais c'étaient des grosses voix qui riaient cette fois

des uniformes qui tous se ressemblaient

à côté d'un tas de bois ;

l'un d'eux racontait une petite blague de son petit garçon

à propos du conte des trois petits cochons

dont les deux maisons s'envolaient

qu'est-ce qu'il était mignon, ce ptit-là !

au bras de ces grosses voix, une hache,

ah ils étaient bien fatigués,

dans ce froid, ils avaient bien travaillés

plus trace de maison, plus un cageot entier.

des bouches sortaient de la fumée

à leurs pieds, un petit camion d'enfant aux roues cassées

gisait

plus loin, on entendait

si l'on tendait l'oreille

des bruits de pas dans l'herbe gelée

et le silence qui pleurait.

si on s'approchait,

on sentait la fumée de cigarette qui s'éloignait;

l'enfant dormait sur le ventre de sa petite mère;

elle, une clope au bec,

clopin, clopan

un baluchon à l'épaule,

de la buée dans les yeux,

(ce devait être la fumée

qui la faisait pleurer)

clopin, clopan avançait dans la file,

à la recherche d'un bout de terre

où poser leurs affaires

un bout de verdure

même tout près des voitures.

 

ah certains enfants ont de la chance

parce que chaque saison , une nouvelle maison

et qui ressemblent à celles qu'on trouve dans les contes!

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Published by ASET 69
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www 05/08/2013 16:30

Merci!

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